Refroidissement de serveurs [Suite]

avril 28, 2014  |   Actualités,Blog   |     |   0 commentaire

Introduction

Dans la continuité du précédent article sur le refroidissement des serveurs (à consulter ici : http://www.randco.fr/actualites/2014/refroidissement-de-serveurs) , nous allons voir dans cet article des méthodes dites “GreenIT” afin de gérer cette problématique.

Ces méthodes permettent de réduire les couts liés au refroidissement des serveurs mais aussi de baisser le PUE d’un datacenter.

Température cible

Tout d’abord, la température cible a beaucoup évoluée au cours de ces dernières années. Alors qu’au début des années 2000 il était préconisé une température de 18°C, il est désormais courant de voir fonctionner des salles machines autour des 24°C.

De plus, grâce à de nouvelles normes, les constructeurs peuvent garantir le fonctionnement de leurs équipements sur une plage de température plus grande (entre 5°C et 40°C).

Une étude [1] propose alors de réguler la température des datacenters à 27°C, ce qui permettrait de réduire de 4% la consommation globale de ceux-ci.

FreeCooling

Le FreeCooling est une technique de refroidissement proche de la simple ventilation et qui est donc moins énergivore qu’une climatisation classique. L’idée est de puiser l’air extérieur et de l’injecter soit dans les couloirs froids d’une salle machine, soit directement dans les baies. L’air réchauffé est alors extrait directement vers l’extérieur du bâtiment.

Cette technique devient vraiment intéressante lorsque l’on vise une température cible autour de 24°C puisque cette technique est utilisable dès lors que la température extérieure y est inférieure.

Avec cette technologie, il s’agit donc de n’utiliser la climatisation que lorsque la température extérieure est vraiment trop importante et pose de fait une vrai réflexion sur l’implantation géographique des datacenters.  Par exemple, une étude [2] montre qu’en France il serait possible d’utiliser le FreeCooling 97% du temps avec une température cible autour de 24°C et permettrait une diminution de la consommation d’énergie de 20%.

Flywheel

De plus en plus, les batteries disparaissent des datacenters afin de faire place aux volants d’inertie (flywheel en anglais). Ces volants d’inertie sont constitués d’un moteur réversible (moteur en chargement et générateur en déchargement) et d’un volant. L’idée principale est de mettre en mouvement un volant de plusieurs centaines de kilogrammes (voir quelques tonnes) et de récupérer l’énergie cinétique en cas d’interruption de l’alimentation.

Malgré leur prix encore très élevé, ils apportent un certain nombre d’avantages comparé aux batteries. Parmi ces avantages on retrouve :

  • Un secours sans micro-coupure

  • Une durée de vie d’environ 25 ans

  • Un coût d’entretien moins élevé

  • Un retraitement non nocif pour l’environnement (sans plomb)

  • Un nettoyage du courant de ses parasites (Surtension, micro-coupures, …)

 

Ces volants d’inertie permettent de pallier à une coupure électrique de quelques minutes ce qui est bien en dessous de ce que peut fournir des batteries. Cependant, ce temps permet de secourir le réseau électrique défaillant assez longtemps afin de mettre en marche les groupes électrogènes.

 

1.Enceinte

2.Volant d’inertie

3.Moteur/Générateur

4.Roulement

5.Inverseur

6.Pompe à vide

7.Charge

8.Décharge

Source: http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Flywheel-battery_(Model)_NT.PNG

Exemples concrets

Quelques entreprises utilisent d’ores et déjà ces technologies dans leurs datacenters.

Nous retrouvons par exemple le FreeCooling chez OVH à Roubaix avec ses “Ecosalles” ou le nouveau centre de calcul de l’Etat de Vaud en Suisse

Pour les volants d’inertie, nous les retrouvons chez Cisco au Texas [4], chez Prosodie (anciennement InternetFr) [5] en France, ou encore le nouveau centre de calcul de l’Etat de Vaud.

En resumé, la tendance est donc à l’augmentation de la température des salles serveurs (permise grâce à une meilleure conception des serveurs), l’abandon des batteries au plomb (très polluantes) et le recours à la climatisation seulement en cas d’absolue nécessité.

Bibliographie

[1] http://www.greenit.fr/article/bonnes-pratiques/27-degres-temperature-ideale-pour-les-data-center-4107

[2] http://www.greenit.fr/article/acteurs/hebergeur/les-data-centers-n-ont-plus-besoin-de-climatisation-4467

[3] http://www.8-e.fr/2014/02/volants-dinertie.html

[4] http://newsroom.cisco.com/press-release-content?articleId=775140

[5] http://www.greenit.fr/article/materiel/volant-dinertie-190-kw-sans-plomb

[6] https://www.ovh.com/fr/apropos/annonces/ecosalle.xml

[7] http://blogs.verts-vd.ch/marthaler/2012/un-green-data-center-pour-parachever-la-reorganisation-de-linformatique-vaudoise/

[8] https://www.ovh.com/images/housing/documents/presentation/ecologie.pdf